Marjolaine Dey https://marjolainedey.com Ostéopathie Sat, 13 Dec 2025 21:44:53 +0000 fr-FR hourly 1 79652041 Ostéopathie et grossesse https://marjolainedey.com/osteopathie-et-grossesse/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=osteopathie-et-grossesse https://marjolainedey.com/osteopathie-et-grossesse/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:37:20 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2315 Sujet difficile, voire tabou, la grossesse et l’accouchement restent un grand mystère pour tous, particulièrement les futurs parents. L’ostéopathie peut … Continuer la lecture

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Sujet difficile, voire tabou, la grossesse et l’accouchement restent un grand mystère pour tous, particulièrement les futurs parents. L’ostéopathie peut apporter des réponses, de la conception à l’accouchement, au suivi du nouveau-né et de la jeune maman.

La Maternité Selon Da Vinci

Le nombre de femmes enceintes venant consulter augmente chaque année: les symptômes principaux étant la lombalgie (douleurs dans le bas du dos), la dorsalgie (douleur dans le haut du dos), cervicalgie (douleurs dans le cou), les reflux acides, la constipation et les douleurs dans le bas ventre. Les séances d’ostéopathie semblent avoir un impact positif sur la future maman.

Des recherches ont été menées, notamment par le Prof. Licciardone (Licciardone et al, 2010), qui a publié une étude sur 144 femmes enceintes, qui ont vu leurs douleurs diminuer dans le groupe « ostéopathie » par rapport au groupe contrôle et au placébo.

Risque(s)?

Au cours des études sur le sujet, les chercheurs n’ont trouvé aucun risque supérieur chez les groupes de femmes enceintes traitées en ostéopathie, par rapport à une comparaison sans ostéopathie. Le risque zéro n’existe évidemment pas. Dans ma pratique de l’ostéopathie et par mon éducation anglo-saxonne, je préfère recevoir les femmes à partir du 2ème trimestre, simplement car le risque de fausse couche est le plus important dans les trois premiers mois.

J’ai évidemment déjà soulagé des femmes enceintes dans leur premier trimestre qui souffrait beaucoup (y compris ma très chère sœur, qui souffrait d’une double sciatique carabinée dés les premières semaines) en utilisant des techniques douces. Si les femmes peuvent attendre, elle sont en général d’accord pour prendre rendez-vous à partir du 4ème mois.

Pour moi, le débat est surtout éthique: imaginons qu’un ostéo soigne une femme enceinte, premier trimestre, et que dans les jours (ou les semaines) qui viennent, elle perd son enfant. Elle se posera toujours la question de la cause de cette perte: est-ce qu’elle ne s’est pas assez reposée? ou était-ce les hormones? une incompatibilité avec la vie? la séance d’ostéo? Je préfère faire attendre les femmes, afin qu’elles ne traversent pas cette épreuve douloureuse. Je peux leur conseiller des exercices à faire, une application locale de froid par exemple (non contre-indiquée pour les femmes enceinte) et surtout de demander conseil à leur médecin et/ou pharmacien.

Et l’accouchement?

Une étude de cas est en attente d’être publiée, une première mondiale, le suivi d’une femme pendant sa grossesse et pendant le travail jusqu’à l’accouchement! Grâce au travail du Dr. Smallwood, ostéopathe aux Etats-Unis, qui a suivi une femme à travers toute cette merveilleuse aventure de la grossesse. C’est une étude de cas, qui corrobore les résultats obtenus par une équipe allemande en 2010 (Nistler et al, 2010) sur 78 femmes primipares (première grossesse). Les résultats montrent une résultats cliniquement significatif, c’est à dire que le groupe « ostéo » a accouché plus vite (3 heures de réduction du temps de travail en moyenne), l’intensité de la douleur était de 37% moins élevé, il y a eu moins d’épisiotomies. En ce qui concerne les bébés, le score d’Apgar était inchangé (état du bébé à la naissance) mais il y a eu moins de complications dans le groupe ostéo. Le pH contrôlé dans le cordon ombilical a montré une meilleure santé des bébés dans le groupe « ostéo.

Les preuves dans la littérature

Les prématurés et grands prématurés obtiennent également des résultats lors d’une prise en charge ostéopathique précoce: prise de poids, rapidité de sortie de néo-nat… Tout ceci a été prouvé dans la littérature! Nous savons que l’ostéo a un impact positif sur le nouveau-né (Références à suivre, car en attente de publication d’une revue de littérature sur le sujet, dés que j’aurai une minute!)

L’allaitement semblerait également être facilité, la littérature sur le sujet est moins tranchée (Cornall, 2011) car il n’y a pas eu assez d’études sérieuses sur le sujet. Les données empiriques (dans mon expérience et ce que j’ai pu récolter d’autres professionnels) les ostéopathes ont parfois un rôle à jouer.

Les coliques infantiles

La définition des coliques surprend beaucoup de jeunes parents: rien à voir avec le ventre! C’est en fait un diagnostic qui suit la règle des trois: trois heures par jour, plus de 3 jours par semaine, pendant 3 semaines! Il y a beaucoup de littérature sur le sujet, la médecin allopathique soutient que 90% des cas est résolu à 4 mois. Mais comment attendre 4 mois de pleurs incessants lorsqu’on est parents?

L’ostéopathie peut apporter des solutions, dans certains cas, surtout si le suivi médical est insuffisant. J’apporterai plus de précisions sur le sujet dans un prochain post.

Bonne continuation aux Mamans, Papa, futur-Maman et futur-Papa, n’hésitez pas à commenter si vous avez des questions.
marjolainedey@gmail.com

Réferences:

Cornall D. A review of the breastfeeding literature relevant to osteopathic practice. International Journal of Osteopathic Medicine 2011;14(2):61–66

Licciardone JC, Buchanan S, Hensel KL, et al. Osteopathic manipulative treatment of back pain and related symptoms during pregnancy: a randomized controlled trial. Am J Obstet Gynecol 2010;202:43.e1-8.

Nistler G, Deutschmann U, Lenz D, Schwerla F. Osteopathy as a therapy during pregnancy: A randomised controlled trial. Oral Presentation Abstracts. International Journal of Osteopathic Medicine 2010;13:104–131

Smallwood CR, et al., Osteopathic manipulative treatment (OMT) during labor facilitates a natural, drug-free childbirth for a primigravida patient: A case report, International Journal of Osteopathic Medicine (2012), http://dx.doi.org/10.1016/j.ijosm.2012.10.005 (Article In Press)

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Ostéopathie pédiatrique – émission Allo Docteur https://marjolainedey.com/osteopathie-pediatrique-emission-allo-docteur/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=osteopathie-pediatrique-emission-allo-docteur https://marjolainedey.com/osteopathie-pediatrique-emission-allo-docteur/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:36:35 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2313 Cette émission n’est décidément vraiment pas bonne pour ma santé, une précédente émission avait déjà occasionné un billet sur ce blog. Je … Continuer la lecture

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Cette émission n’est décidément vraiment pas bonne pour ma santé, une précédente émission avait déjà occasionné un billet sur ce blog.

Je vous explique, pour ceux d’entre vous qui n’ont pas eu la chance de voir l’émission Allo Docteur du 2 octobre 2013 (lien ici): Dr. Michel Cymes et Dr. Marina Carrère-d’Encausse ont invité Dr. Robert Cohen (pédiatre au centre hospitalier intercommunal de Créteil), Mme Catherine Rybus (ostéo pédiatrique) et Chrystelle Eychenne (« témoin » convaincue). Cette fois les présentateurs se montrent cordiaux, mais ont parfois du mal à conserver leur impartialité. Comme d’habitude, le gentil médecin invité se base sur le manque de preuves pour dire que l’ostéopathie n’a aucun effet, contrairement à la toute puissante médecine, qui elle peut prouver tout ce qu’elle fait.

Dr. Cohen, je suis allée vérifier vos sources.

Posadzki P, Lee MS, Ernst E. Osteopathic Manipulative treatment for pediatric conditions: a systematic review. Pediatrics 2013 Jul; 132(1):140-52 (abstract ici)

Premièrement, Dr. Cohen, la prochaine fois que vous citez un article scientifique dans un argumentaire, même à la télé, il est correct de citer au moins l’auteur et/ou la revue (pour faciliter la vérification par autrui) et de ne pas en déformer le contenu (même si ma profession n’a pas encore de code de déontologie unique, je connais quelques règles scientifiques de base). Deuxièmement, parlez de ce que vous connaissez: contrairement à ce que vous énoncez, cette étude n’est pas une méta-analyse, mais une revue systématique. La différence vous échappe peut être, à moi non.

Résumé de l’article

L’objectif de cette étude citée plusieurs fois par le Dr. Cohen est de chercher dans les bases de données principales les articles de type « Randomized Clinical Trials » (RCTs = Essais cliniques randomisés) avec au moins un groupe traité et un groupe contrôle (essais cliniques randomisés contrôlés), sur le sujet de l’ostéopathie pédiatrique, depuis la création de la base jusqu’en novembre 2012. En tout, 17 articles, soit 887 sujets, ont été retenus et classés selon les critères méthodologiques de Cochrane. Parmi ceux-ci:
– 7 articles montraient que l’ostéopathie chez l’enfant était bénéfique dans les cas suivants: symptômes asthmatiques, canaux lacrymaux bouchés, en néonat: prise de poids améliorée et durée d’hospitalisation réduite, colique infantile, otite.
– 7 autres articles montraient que l’ostéopathie n’avait pas effet significatif sur les symptômes asthmatiques, la scoliose idiopathique, l’apnée obstructive, les désordres temporo-mandibulaires et l’infirmité motrice cérébrale (cerebral palsy);
– 3 articles ne rapportaient pas de comparaison entre leurs deux groupes [2 articles étaient en fait une mise en place de protocole (réf 24 et 29); et un article concluait des résultats favorables à l’ostéo sans en apporter les chiffres (réf 15)]

Après vérification dans l’étudee en version intégrale, les articles datent de 1984 (1); 2003 (1); 2005 (2); 2006 (2); 2008 (5); 2009 (1); 2010 (3); 2011 (1); 2012 (1). Je n’ai pas eu le temps, ce soir, de relire tous ces articles, je m’en excuse… Je n’ai lu que cet article de Posadzki et al, qui est très bien construit – je le recommande aux étudiants en ostéopathie qui souhaitent réaliser une revue de la littérature (la méthodologie est très bien détaillée). Il n’est malheureusement pas disponible gratuitement en texte intégral, mais vous le trouverez dans les bibliothèques universitaires.

Cette revue comporte 15 articles cliniques (car deux des 17 sont des protocoles et non pas des RCTs) dont 8 articles ayant des résultats significatifs en faveur de l’ostéopathie. Il y a donc dans cette revue une majorité d’articles cliniques dont les résultats sont favorables à l’ostéopathie, même si le nombre de patients est insuffisant pour conclure de manière définitive. Les auteurs concluent qu’actuellement, les données ne sont pas suffisantes pour conclure.

Critique de la recherche

Je résumerai ici quelques points négatifs communs à de nombreuses études ostéopathiques, tirés de l’article du jour. Seules 3 des études avaient un effectif suffisant. En ce qui concerne l’utilisation d’un groupe placébo, seules 4 études en ont utilisé, mais deux de celles-ci ont été jugées comme « non crédibles » par les auteurs de cet article (références 16 et 19); quant aux deux autres études, l’une montre que l’ostéo est plus efficace qu’un placébo, l’autre le contraire. Les auteurs évoquent également le problème des critères de jugement (toujours différents), la paucité de la méthodologie statistique, la variabilité des techniques utilisées (lorsqu’elles sont décrites) ainsi que la fréquence, la durée et le nombre de traitements.

Dans ces conditions, une méta-analyse est impossible: premièrement parce qu’il n’y a simplement pas assez de données, deuxièmement parce que ces données ne sont pas de bonne qualité, troisièmement parce que les données sont absolument hétérogènes et donc les critères essentiels à la mise en place d’une méta-analyse ne sont pas réunis, n’est-ce pas Dr. Cohen.

En ce qui concerne les effets indésirables, toutes les études rapportant ces effets ont montré qu’il n’y avait pas d’effet indésirable… Sauf que moins de la moitié des études l’ont fait, soit 46%. Les auteurs des autres études n’ont pas jugé bon de vérifier la possibilité d’effets indésirables ou de publier sur le sujet.

Les auteurs suggèrent de suivre les ligne de conduite CONSORT afin de mettre en place une méthodologie rigoureuse et homogène des essais cliniques randomisés, comme par exemple recruter un nombre suffisant de sujets en fonction du calcul d’effectif prospectif, utiliser le double insu, mettre en place un suivi sur le long terme, utiliser des critères de jugement objectifs validés par la littérature et instaurer une comparaison grâce à un groupe contrôle.
Messieurs les auteurs, Messieurs-Dames les chercheurs en ostéopathie, j’ai le regret de vous annoncer qu’à cause d’un manque absolu de moyens, de structures et de législation, il est actuellement impossible en France de mener à bien un projet en ostéopathie pédiatrique (notamment sur les bébés de moins de 6 mois). De plus, il n’y a actuellement aucun critère de jugement objectif validé spécifique à l’ostéopathie (ne me parlez pas du SOAP Note Form, vaste supercherie ostéopathique). Qui plus est, je lance le défi à quiconque aura lu ce billet de m’expliquer comment mettre en place une étude en double aveugle dans le domaine de la thérapie manuelle.

Restons modestes

Les auteurs modèrent ensuite leurs propos, car il est important de le faire: tout d’abord, ils signalent qu’il est possible que certains articles publiés ait échappé à leurs recherches. Ensuite, ils déclarent ne pas pouvoir faire de comparaisons statistiques entre les études, à cause de l’hétérogénéité de celles-ci. Sans oublier que le biais de la publication est un facteur important qui pourrait, soit exclure des études ostéopathiques de revues à haut niveau de preuve, soit écarter des études montrant des résultats non significatifs (en effet, les revues préfèrent, en général, prouver que quelque chose fonctionne, plutôt que de prouver que cela ne fonctionne pas… sauf dans le cas de l’ostéo!). Dernièrement, les articles étudiaient de nombreuses conditions pédiatriques différentes, ainsi les auteurs admettent qu’il est absolument impossible d’en tirer des conclusions définitives, et que leurs conclusions ne sont pas tirées avec « autant d’assurance qu’ils les auraient aimées », en VO: « (…)thus, our conclusions cannot be as confident as we would have liked them to be »

Conclusions: aucune conclusion ne peut être tirée, donc « jusqu’à preuve du contraire, l’ostéopathie ne peut être considérée comme une thérapie efficace dans les conditions pédiatriques, et les ostéopathes ne devraient pas prétendre le contraire » – ce qui donne en VO: « Until such data are available, OMT cannot be regarded as an effective therapy for pediatric conditions, and osteopaths should not claim otherwise ».

Belle impartialité!!! Je n’ai, pour l’instant, jamais rencontré ce genre de remarques déplacées dans une revue à haut niveau de preuve.

Critique de l’article

Les auteurs soulignent le fait que les articles publiés par des non-ostéopathes sont systématiquement défavorables à l’ostéopathie, alors que ceux qui sont publiés par des ostéos sont systématiquement favorables… Un joli biais de publication.

En décortiquant l’article, on se rend compte que les auteurs ne sont pas très objectifs dans leur démarche: des 17 articles choisis, plusieurs n’auraient pas du être sélectionnés (notamment deux protocoles, deux articles introuvables – les auteurs se sont basés sur la lecture de l’abstract – et l’étude de 1984 qui aura 30 ans l’année prochaine n’est pas comparable aux autres). Au final, on se retrouve avec si peu d’articles qu’une revue systématique de cette ampleur n’aurait pas été sélectionnée à la publication.
Les articles décrivent des maladies très différentes (de la prise de poids en néo-nat à la fonction respiratoire des adolescents avec scoliose), les catégories d’âges allant des grands prématurés à de jeunes adultes de 17 ans.

Pour faire une comparaison, je suggère que nous écrivions un article sur « l’efficacité de la prise en charge médicale des maladies pédiatriques: une revue systématique ». Nous pourrions sélectionner des articles sur cette dernière année (parce qu’il y a beaucoup de publications), des nouveaux-nés aux jeunes adultes, en passant par les maladies génétiques, squelettiques et autres affections généralement traitées par un pédiatre. Je doute que les résultats soient favorables à cette médecine qu’on appelle pédiatrique: lorsqu’on souhaite prouver quelque chose et qu’on y met suffisamment de mauvaise foi, on y arrive systématiquement.

Je ne comprends pas comment un article aussi pauvre peut trouver sa place dans une revue aussi prestigieuse (la plus citée en pédiatrie, deuxième impact factor le plus haut en médecine pédiatrique) et ensuite être utilisé par des personnes qui ne l’ont clairement pas décortiqué. Afin d’éviter toute situation gênante, surtout si vous êtes interviewé à la télé, je vous conseille de lire un article entièrement avant de le citer…

Conclusion

Donc cet article montre qu’il n’y a pas assez d’études pour conclure, et non pas que l’ostéopathie n’est pas efficace. De plus, si vous souhaitez que nous vous donnions des preuves en double insu avec un placébo crédible et des critères de jugement tirés de la littérature, nous sommes cuits. La recherche telle qu’elle est faite aujourd’hui ne permet pas aux ostéopathes et autres thérapeutes manuels de prouver leur efficacité. Seul le modèle [imparfait] de l’intervention complexe pourrait nous aider, mais il n’est pas répertorié dans les guides de méthodologie de Cochrane (entre autres). Les études issues de ce modèle ne sont pas jugées « sérieuses ». Impossible pour nous de nous en sortir! 

Dr. Cohen: « [s’adressant aux ostéopathes] montrez-nous des études qui montrent que ça marche »
Réponse: C’est demandé si gentiment, pourquoi pas cette revue systématique sur la thérapie manuelle (dont l’ostéo) dans le cadre des maladies respiratoires pédiatriques (asthme, mucoviscidose et infections bronchiques), ou bien celles ci chez les adultes, de Licciardone (2005) ou Orrock et al (2013). Non, elles ne vous plaisent pas celles là? Vous ne retenez que celles qui disent que l’ostéo ne fonctionne pas.

A mon tour maintenant: montrez-moi où sont les preuves de l’efficacité de la kinésithérapie, pourtant remboursée par la sécurité sociale? Montrez-nous l’efficacité des traitements pédiatriques actuels… et l’habituel « laissez-faire, ça se remettra tout seul », c’est basé sur des preuves aussi? En fait, Dr. Cohen, la médecine telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui en France n’est en majorité pas fondée sur les preuves. Alors comprenez mon ras le bol, lorsqu’on me rabâche à longueur de journée que ma profession, officiellement reconnue en 2002 puis en 2006 n’aurait pas le droit de grandir, se développer et de prouver son efficacité.

L’ostéopathie est une profession jeune, notamment en France. Nous avons besoin de former les futurs jeunes diplômés pour qu’ils deviennent des ostéopathes compétents, mais également de bons consommateurs de littérature. Nous avons besoin de structures pour nous former afin de devenir de bons chercheurs et ainsi développer les études de haute qualité méthodologique nécessaires à la profession.

Je tiens à remercier Mme Catherine Rybus, qui a brillé par son intelligence et sa répartie. Merci d’avoir représenté la profession ostéopathique.

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Développement des bébés: motricité libre! https://marjolainedey.com/developpement-des-bebes-motricite-libre/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=developpement-des-bebes-motricite-libre https://marjolainedey.com/developpement-des-bebes-motricite-libre/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:35:54 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2310 Même en hiver, on s’assure que les bébés aient les meilleures conditions pour le dévelopement de leur motricité: laissons-les bouger, … Continuer la lecture

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Même en hiver, on s’assure que les bébés aient les meilleures conditions pour le dévelopement de leur motricité: laissons-les bouger, plutôt sur le dos et sans chaussettes! Ainsi, ils apprendront à découvrir leur corps, leur environnement et développerons leurs sensations.

Les principes de la motricité libre sont simples: bébé est programmé pour se développer à son rythme, mais c’est plus facile lorsque les bonnes conditions sont réunies.

Ci-dessous une excellente vidéo qui rappelle et explique quelques principes fondamentaux pour aider les petits (et parfois apprendre à lâcher prise!)

Couvrez-les, mais essayez d’enlever les chaussettes/pyjama à pieds lors des séances de découverte au sol! Le sol: sur tapis plutôt qu’une couverture, j’aime particulièrement les tapis de gym (qui ont l’avantage d’être facile à nettoyer et isolent bien du sol). La couverture peut glisser sous les mouvements de l’enfant: il aura moins de prise au sol.
Il vaut mieux éviter de mettre bébé dans une position dans laquelle il n’arrive pas à se mettre de lui même: exemple – le mettre assis alors qu’il n’est pas stable. Bébé n’aura pas confiance, il sera dans l’obligation de se raidir. C’est moins confortable pour lui!

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Comment se déroule une consultation bébé https://marjolainedey.com/comment-se-deroule-une-consultation-bebe/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=comment-se-deroule-une-consultation-bebe https://marjolainedey.com/comment-se-deroule-une-consultation-bebe/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:35:11 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2307 Vous pensez amener votre bébé chez l’ostéo? Voici les informations qui vous seront utiles, ainsi qu’une vidéo tournée en cabinet. … Continuer la lecture

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Vous pensez amener votre bébé chez l’ostéo?

Voici les informations qui vous seront utiles, ainsi qu’une vidéo tournée en cabinet.

 Première consultation: quand l’effectuer?

J’aime recevoir les petits patients le plus tôt possible: l’ostéo peut travailler en prévention – des difficultés posturales, des tensions dues à la position in utero ou aux conditions de l’accouchement peuvent être traitées dés la naissance. L’idéal serait d’avoir des ostéopathes en maternité! Malheureusement en France ce n’est encore que rarement le cas.

Donc en pratique j’aime voir les bébés rapidement: surtout s’il y a des difficultés d’adaptation à la vie aérienne, notamment une mauvaise prise du sein, des crevasses apparaissent sur le sein de Maman ou le bébé a du mal à reprendre du poids. Les nourrissons peuvent également avoir des difficultés de digestion: remontées, gaz, coliques… L’ostéopathe ne peut pas forcément résoudre ces problèmes, mais les techniques peuvent soulager les petits et donc leurs parents.

Il existe des gestes à effectuer au quotidien, dont le change physiologique, des techniques de portage (à bras ou avec un système comme une écharpe) et des aides à la nutrition au sein ou au biberon pour aider le bébé. Je regrette que ces techniques ne soient pas montrées directement à la maternité!

Pour la suite, j’ai l’habitude de voir les petits pendant leur première année, en fonction des besoins des parents.

Le déroulement de la séance

Nous commençons par la rencontre: nous discutons des circonstances de la grossesse, les détails de l’accouchement, le quotidien du bébé. Si vous le souhaitez, je peux lire le carnet de santé et la dernière échographie de grossesse. afin d’obtenir des données supplémentaires et m’aider dans ma démarche.

Une fois les problèmes décrits et les objectifs énoncés, nous passons sur la table. Je ne travaille que sur des bébés calmes: éveil calme ou sommeil. Si le bébé n’est pas disponible, nous essayons de l’aider à s’apaiser – câlins, bercement, alimentation… nous trouvons des solutions pour l’aider afin de pouvoir effectuer la séance.

J’utilise mes mains pour effectuer des techniques douces sur le bébé – c’est un moment de partage et de plaisir pour le bébé, les parents et l’ostéo! Les bébés se détendent au fur et à mesure de la séance, ils relâchent leurs petites mains, leur visage et leur corps tout entier.

Si nous ne trouvons pas ensemble une manière pour apaiser le bébé, s’il pleure ou est agité, je n’a pas réussi à obtenir son consentement. Le bien-être des petits étant au centre de ma pratique, je préfère reprendre rendez-vous avec vous à un horaire plus approprié (je préfère le matin pour les bébés, la fin d’après-midi est plus difficile pour eux en général!)

Prévention de la plagiocéphalie

La meilleur prévention c’est de connaitre le risque – plus d’informations sur mon billet sur la plagio. Le positionnement est la clé du succès, ainsi que le traitement d’un éventuel torticollis. Le plus tôt est le mieux, mais on peut travailler efficacement jusqu’au 6 mois. Ensuite, ça devient plus difficile.

Ci-dessous, une vidéo sur 4 astuces pour prévenir l’apparition d’une déformation de crâne.

Les techniques

J’utilise des techniques douces sur l’ensemble du corps du nourrisson, y compris son crâne délicat – c’est avec beaucoup d’amour et de précaution que je m’occupe de ces être si fragiles que les parents me confient.

C’est toujours un grand moment d’émotion que de soigner un bébé.

Lorsque les enfants grandissent, nous utilisons des comptines, des jeux et des jouets pour divertir l’enfant et lui faire passer un bon moment.

La fréquence des séances

Il n’y a pas de règles! Certains me verront régulièrement alors que d’autres une seule fois! Cela dépend tellement des circonstances et des envies des parents. Pour donner une idée, je peux accompagner les bébés qui en ont besoin dans les grandes étapes de développement: l’adaptation à la vie aérienne, le pic de conscience et sa régression de sommeil des 4 mois, la position 4 pattes, la verticalisation et la marche.

Je reste disponible par mail pour vos questions!

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Prévention et traitement de la plagiocéphalie positionnelle https://marjolainedey.com/prevention-et-traitement-de-la-plagiocephalie-positionnelle/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=prevention-et-traitement-de-la-plagiocephalie-positionnelle https://marjolainedey.com/prevention-et-traitement-de-la-plagiocephalie-positionnelle/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:34:23 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2304 La plagiocéphalie, ou crâne plat du bébé, est un terme qu’on entend souvent, mais peu de professionnels semblent s’y intéresser. … Continuer la lecture

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La plagiocéphalie, ou crâne plat du bébé, est un terme qu’on entend souvent, mais peu de professionnels semblent s’y intéresser. Pourtant, de nombreuses recherches montrent que cette déformation pourrait avoir des conséquences sur le développement de bébé. Cet article décrira sa définition, ses causes, la prévention, la prise en charge de cette déformation du crâne de bébé et le rôle de l’ostéopathe.

Définition

La plagiocéphalie positionnelle est un terme médical qui signifie un aplatissement du crâne. On l’appelle aussi syndrome de la tête plate. La plagiocéphalie affecte en premier lieu l’apparence du crâne: il s’aplatit à l’arrière ou sur un côté, puis les oreilles deviennent asymétriques et parfois c’est les traits du visages qui changent. Il peut en découler un développement irrégulier de la tête et du visage du bébé. (Source: About Kids Health Canada)

Il existe plusieurs types de déformations crâniennes positionnelles, comme la plagiocéphalie occipitale, la brachycéphalie et la dolicocéphalie. Ces termes un peu barbares permettent aux professionnels de santé de décrire l’aspect du crâne. Il ne faut pas confondre ces déformations positionnelles avec les craniosténoses (déformations du crâne causés par des anomalies d’ossification du crâne) qui méritent une attention chirurgicale urgente.
Les pédiatres examinent les bébés avec soin à la maternité et durant la visite de contrôle après le premier mois de vie afin d’exclure l’éventualité de la craniosténose. Cet article discute des cas qui ne nécessitent pas d’attention chirurgicale immédiate et dont l’apparition peut être prévenue et soignée par des conseils positionnels et un traitement en thérapie manuelle. Si vous avez le moindre doute sur le crâne de votre bébé, consultez votre pédiatre ou médecin de famille.

Les parents remarquent parfois l’apparition d’une déformation progressive après la naissance, avec un bébé qui semble regarder toujours dans la même direction.

Les causes

Lors des premiers mois de vie, le crâne des petits d’hommes est très souple, ainsi il peut changer de forme en fonction du positionnement du bébé dans son quotidien.

Les torticolis (ou difficulté pour tourner la tête des deux côtés), le couchage systématique sur le dos et l’utilisation de matériels de puériculture mal adaptés semblent être les trois principales causes de l’augmentation des déformations positionnelles des crânes de nos bébés.
Heureusement, seul un nombre restreint de bébés seraient concernés (environ un sur dix).

Les facteurs de risque

Liste non exhaustive des facteurs de risques (références: Oh Ak 2009, Pogliani 2011, Marck 2015)

Pendant la grossesse:
– sexe masculin;
– premier bébé;
– gros/grand bébé;
– grossesse gémellaire/multiple;
– tête engagée dans le bassin tôt dans la grossesse, positionnement bas du bébé;
– contractions fréquentes pendant la grossesse.

A l’accouchement:
– accouchement long;
– beaucoup de poussées;
– utilisation de certaines manœuvres obstétricales (rotations forcées de la tête de bébé, pression sur le ventre de la maman…)
– utilisation d’instruments;
– fracture de la clavicule.

Trois premiers mois de vie:
– prématurité;
– position couchée sur le dos, peu de temps d’éveil sur le ventre ;
– position préférentielle de la tête, présence d’un torticolis ;
– position pendant l’allaitement (sein et biberon);
– retard de développement, hypotonie;
– problématiques orthopédiques: pied valgus, problèmes de hanches;
– utilisation non adaptée de certains matériels de puériculture (exemple: sommeil dans un transat, périodes longues et répétées en cosy/siège auto, surface de couchage trop dure ou trop molle…)

Prévention

Des conseils simples permettent de prévenir l’apparition des têtes plates. Quand une déformation est avérée, je vous conseille de consulter un professionnel bien formé, qui pourra vous donner des indications personnalisées pour aider votre bébé.
Si vous voyez que le crâne de votre bébé se déforme, ne vous contentez pas d’un simple « ça va passer » – car cela ne passe pas simplement avec le temps.

L’essentiel est d’alterner les appuis crâniens, afin que le même endroit du crâne ne soit pas sur-sollicité. Si votre bébé semble positionner sa tête toujours du même côté, organisez vous pour l’attirer du côté où il ne tourne  pas la tête. Repérer les éléments de votre quotidien qui attirent le bébé toujours du même côté et faites de votre mieux pour les modifier. Parlez-en aux personnes qui s’occupent de votre bébé dans la journée (assistante maternelle, crêche, grand-parents)

Voici quelques conseils tirés d’un site Canadien.
« Si votre bébé préfère ne regarder que dans une seule direction, encouragez-le à regarder vers une direction de moindre intérêt jusqu’à ce qu’il regarde de façon égale dans les deux directions. Voici, entre autres, ce que vous pourriez faire:

  • Pendant la période de jeux, utilisez des jouets de couleur vive pour l’encourager à regarder dans une direction qui l’intéresse moins.
  • Lorsque vous tenez votre bébé, tenez-le de façon à l’encourager à regarder dans une direction qui l’intéresse moins.
  • Si le berceau de votre bébé est contre le mur, couchez votre bébé avec sa tête vers la tête du lit ou vers le pied du lit, en alternant chaque nuit. Les bébés préfèrent regarder vers la chambre ou une fenêtre plutôt que le mur.
  • Si le berceau de votre bébé n’est pas contre le mur, placez un jouet de couleur vive et sans danger dans le berceau de façon à l’encourager à regarder dans une direction différente chaque nuit. »

Observer régulièrement le crâne de votre bébé: son visage et son crâne. Regardez le de profil et surtout en vue « du haut » pour avoir plus de recul sur la forme de sa tête. Celle-ci devrait être en forme d’œuf. Demandez à un proche qui ne voit pas votre bébé au quotidien les observations qu’il peut faire, le recul permet d’être plus objectif.

La plagiocéphalie positionnelle est fréquemment liée à un torticolis ou une habitude de rotation de bébé. Ces difficultés de mobilité peuvent requérir l’attention d’un thérapeute manuel: kiné et/ou ostéopathe.

Si vous avez le moindre doute, consultez. Ne vous contentez pas de la réponse banale « cela passera » ou encore « ce n’est qu’esthétique ». D’ailleurs, l’esthétique de votre bébé, enfant et futur adulte est importante.
Je suis disponible par mail (photos à l’appui, en vue du dessus s’il vous plait) si vous le voulez. Je préfère un mail « pour rien » plutôt que de passer à côté d’une déformation qui pourrait devenir permanente.

Prise en charge

Lors d’un rendez-vous chez un professionnel, un examen méticuleux de votre bébé devrait avoir lieu. Le crâne évidemment, pour repérer les zones de plat et de bosses ainsi que le reste du corps. Certaines personnes sont formées aux mesures du crâne: ces mesures (totalement indolores pour bébé!) aident dans le suivi des plagiocéphalies.
Il est important de faire également un examen de l’ensemble du corps: vérification de la rotation du cou, de la position préférentielle de bébé, de l’état des lieux du système digestif, des hanches et des pieds…

Les conseils de positionnement sont les plus efficaces avant 6 mois.

Si les déformations perdurent et dès 5 mois, la pose d’un casque peut être proposée. Ces casques ne sont pas remboursés par la sécurité sociale et sont très onéreux, c’est pourquoi la prévention est si importante!

Comment se déroule une séance au cabinet d’ostéopathie avec Marjolaine?

J’aime voir les bébés pour ce type de consultation durant le premier mois de vie, car les premières modifications peuvent être vues par un œil entrainé et les changements dans la vie quotidienne sont aisés pour les parents.
La séance commence par un entretien avec les parents, sur la grossesse, l’accouchement et les premières semaines de vie.

Ensuite, j’examine le bébé avec douceur et bienveillance, afin de prendre en compte les différents éléments biomécaniques. Je fais également une prise de mesures au niveau du crâne: l’indice crânien (calcul du rapport entre la longueur et la largeur du crâne, pour déterminer les proportions générales), les diagonales fronto-occipitales (mesure de l’asymétrie du crâne) et les distances naso-auriculaires (pour évaluer l’asymétrie du visage).
Ces différentes mesures me permettent d’évaluer la gravité de la déformation et de suivre l’évolution dans le temps.

Le nombre de séances dépendra directement du type de déformation, de l’âge du bébé et de la réactivité parentale. En effet, les parents peuvent avoir une action déterminante s’ils suivent bien les conseils de positionnement dans leur quotidien.

Que faire après 6 mois? et après un an?

Il existe des solutions, dont la thérapie par le casque. Un professionnel formé pourra vous orienter vers un pédiatre spécialisé et des orthésistes qui fabriquent les casques sur-mesure.
Plus le casque est utilisé tôt, plus grande sera l’efficacité.

Je suis disponible par mail pour répondre à vos questions: marjolainedey@gmail.com (joignez une photo en vue « du dessus » du crâne de votre bébé) et sur rendez-vous dans mon cabinet d’Avon (77)

Ça va se remettre tout seul?

C’est possible! Mais les études publiées sont plutôt pessimistes sur le sujet. Une des dernières études publiée sur le sujet en 2014 (Van Wijk RS et al) dans le British Medical Journal indique que sur un groupe de 40 bébés recrutés entre 4 et 6 mois de vie, avec des déformations crâniennes positionnelles modérées à importantes, seuls 23% retrouvés un crâne d’une forme normale. C’est à dire que trois quart des enfants gardaient une tête plate et/ou une asymétrie du visage à l’âge de 2 ans.

L’ostéopathie est-elle obligatoire?
(ou la question à 10 millions de dollars!)

Je continue à penser que l’ostéopathie n’est jamais obligatoire. Lorsque les professionnels qui voient l’enfant dés la naissance (puéricultrice, auxiliaire, sage-femme, pédiatre) donnent de bons conseils de prévention, qu’un éventuel torticolis est diagnostiqué et pris en charge par un kiné compétent, et si les parents sont bien entourés et bien conseillés, l’ostéopathie n’est heureusement pas nécessaire!
Mais dans ma pratique, je vois beaucoup trop de bébé dont les difficultés de mobilité n’ont pas été repérées, les parents n’obtiennent pas de réponses à leur question et les têtes plates sont souvent considérées comme un problème esthétique uniquement, donc secondaire.
L’accompagnement par un ostéopathe peut être bénéfique, car il saura donner des conseils personnalisés et prendre en charge le bébé dans de bonnes conditions s’il est bien formés aux techniques pédiatriques et aux dernières recherches sur la prévention de la plagiocéphalie.
Je conseille aux jeunes parents de faire une visite chez un ostéopathe dans le premier mois de vie. Il est facile d’utiliser le bouche-à-oreille et/ou de demander à sa sage-femme qui connaitra les noms des ostéopathes pour bébés ayant une bonne réputation dans votre région.

Les ostéos font des vidéos

Retrouvez toutes ces informations sur notre playlist YouTube dédiée à la périnatalité.

A lire:
– pour les parents: Mon bébé n’aura pas la tête plate
+ témoignage d’une maman ayant été confrontée à un échec thérapeutique: pédiatre, ostéo, kiné… 6 mois de recherche avant de trouver une solution avec le casque, son histoire ici. Une prise en charge précoce aurait évitée une si grosse déformation et le casque aurait été mis en place plus tôt. Aujourd’hui des fabricants de casques existent en France.
– plutôt pour les professionnels, un article de recherche avec biblio, texte complet en français: « Les têtes plates, pas vraiment un casse tête » Le médecin du Québec, 2011.
– Etude française sur le sujet du Dr. Cavalier
– Retards psychomoteurs en plagiocéphalie positionnelle: la recherche démontre que oui, résumé en français ici.

Références:

Van Wijk RS et al. Helmet therapy in infants with positional skull deformation: randomised controlled trial. BMJ 2014;348:g2741 

Lien vers PDF
Pogliani L, Mameli C, Fabiano V et al. Positional plagiocephaly: what the pediatrician needs to know. A review. Childs Nerv Syst 2011 ; 27 (11) : 1867-76. Oh AK, Hoy EA, Rogers GF. Predictors of severity in deformational plagiocephaly.J Craniofac Surg 2009 ; 20 (suppl. 1) : 685-9.

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L’efficacité du bruit blanc https://marjolainedey.com/lefficacite-du-bruit-blanc/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lefficacite-du-bruit-blanc https://marjolainedey.com/lefficacite-du-bruit-blanc/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:32:59 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2301 Pour accompagner la vidéo de démonstration de l’utilisation d’un boîtier à bruit blanc au cabinet, je voulais écrire un court … Continuer la lecture

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Pour accompagner la vidéo de démonstration de l’utilisation d’un boîtier à bruit blanc au cabinet, je voulais écrire un court article sur les avancées de la recherche.

Il y a toujours d’un côté le bon sens, l’expérience et les connaissances empiriques, et de l’autre les preuves par les études scientifiques. Il y a peu d’études sur le sujet, mais toutes sont formelles: le bruit blanc semble diminuer la douleur chez le nouveau-né, l’apaise, diminue ses coliques et l’aide à dormir… Il n’y a en revanche pas d’études sur l’utilisation à moyen ou long terme, ni du besoin éventuel de sevrage.

Voici en résumé les derniers articles sur le sujet

Bruit blanc et vaccination

Une étude sur l’utilisation du bruit blanc lors de la vaccination de bébés prématurés. Cette étude a été réalisée sur 75 nourrissons (35 dans le groupe « bruit blanc » et 40 dans le groupe contrôle): les bébés du premier groupe ont écouté un bruit blanc pendant une minute, ont été vaccinés, puis le bruit a continué pendant une minute supplémentaire. Quant au deuxième groupe, aucun bruit blanc. Les autres soins étaient identiques.

Plusieurs outils spécifiques pour étudier la réaction douloureuse chez le nouveau-né ont été utilisés:
groupe 1- douleur sévère: 2,9%, douleur modérée: 67,6%
groupe 2- douleur sévère: 82,5%, douleur modérée: 17,5%
L’étude statistique a montré une différence significative (p< .05) montrant ainsi que le bruit blanc aurait eu un effet bénéfique lors de cette expérience.
Comme souvent, la conclusion des auteurs est que d’autres études devraient être réalisées pour confirmer leurs dires.
Kucukoglu S, Aytekin A, Celebioglu A, Celebi A, Caner I, Maden R.Pain Manag Nurs. Effect of White Noise in Relieving Vaccination Pain in Premature Infants. 2016 Dec;17(6):392-400. doi: 10.1016/j.pmn.2016.08.006. Epub 2016 Oct 15.

Bruit blanc vs bercement pour le sommeil

Cette deuxième étude a comparé l’effet du bruit blanc par rapport au bercement du bébé dans les bras de sa maman.

Des bébés d’un mois souffrants de coliques (ballonnements, gaz et douleurs) ont été selectionnés, puis les parents ont rempli un journal de bord pour déclarer les symptômes des petits, le temps de pleurs par jour et la durée de sommeil quotidien.
Au bout d’une semaine, les bébés ont été séparé en deux groupes: le premier était le groupe du bercement en réponse au pleurs pendant une semaine, puis la semaine d’après les parents devaient diffuser du bruit blanc (sans autre intervention). Le deuxième groupe faisait l’inverse: bruit blanc une semaine, puis bercements la deuxième.
Les parents devaient bercer ou diffuser du bruit blanc jusqu’à l’arrêt des pleurs.

Dans les deux groupes, la diffusion du bruit blanc était plus efficace pour réduire les pleurs et augmenter la durée de sommeil des bébés (p<0,05)
Les auteurs en déduisent que l’utilisation du bruit blanc peut être efficace pour soulager les bébés (et leurs parents)

Sezici E, Yigit D. Comparison between swinging and playing of white noise among colicky babies: a paired randomized controlled trial. J Clin Nurs. 2017 Jun 15. doi: 10.1111/jocn.13928. [Epub ahead of print]

Douleur et bruit blanc

Étude expérimentale sur 120 nourrissons, pendant une piqûre au talon pour analyse de sang (heel prick test). Les bébés étaient divisés en 3 groupes:
1. sur les genoux de leurs mamans
2. sur les genoux des mamans, avec diffusion de bruit blanc
3. dans un berceau, avec diffusion de bruit blanc

Les  critères d’évaluations étaient une échelle de douleur spécifique au nouveau-né (Neonatal Infant Pain Scale) ainsi que les fréquences cardiaques et respiratoires.
Lors de la piqûre, tous les bébés ont eu une douleur perceptible sur tous les critères. Le groupe qui a eu la réaction la plus faible (durée de pleurs la plus faible et indicateurs physiologiques rétablis vite) était le groupe berceau + bruit blanc, suivi de maman + bruit blanc et en dernier maman seule.

Selon ces résultats, le bruit blanc serait une méthode efficace pour réduire les pleurs des bébés lors des procédures médicales douloureuses. Les auteurs recommandent donc l’utilisation du bruit blanc.

Karakoç A, Türker F. Effects of white noise and holding on pain perception in newborns.
Pain Manag Nurs. 2014 Dec;15(4):864-70. doi: 10.1016/j.pmn.2014.01.002. Epub 2014 Feb 20.

Effets négatifs ou indésirables?

Je n’ai pas trouvé d’articles sur d’éventuels effets indésirables, le seul qui attire l’attention sur le sujet et celui de Hugh et al (2014) qui prévient qu’il faut respecter le manuel d’utilisation, afin de ne pas pousser le volume trop fort ou mettre trop près de l’oreille de l’enfant, car cela pourrait endommager son audition. Sur 14 appareils à bruit blanc testés, 3 ne respectaient pas les normes en vigueur lorsqu’ils étaient au volume maximum. Ainsi, les mettre à fond à moins de 30cm de la tête de l’enfant pendant plus de 8h pourrait causer des dommages irréversibles à l’audition du bébé.

Hugh SC, Wolter NE, Propst EJ, Gordon KA, Cushing SL, Papsin BC. Infant sleep machines and hazardous sound pressure levels. Pediatrics. 2014 Apr;133(4):677-81. doi: 10.1542/peds.2013-3617. Epub 2014 Mar 3.

Conclusion

Suite à la lecture de ces articles et de la littérature spécialisée, j’utilise les bruits blancs en cabinet pour apaiser les bébés agités pendant les consultations. J’en observe des effets très positifs.

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Vidéos sur le sujet de la périnatalité https://marjolainedey.com/videos-sur-le-sujet-de-la-perinatalite/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=videos-sur-le-sujet-de-la-perinatalite https://marjolainedey.com/videos-sur-le-sujet-de-la-perinatalite/#respond Sat, 13 Dec 2025 21:32:03 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2297 Grâce à la complicité de ma collaboratrice Elisa Commarmond, nous avons lancé notre chaine YouTube en septembre 2017 « les ostéos font des … Continuer la lecture

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Grâce à la complicité de ma collaboratrice Elisa Commarmond, nous avons lancé notre chaine YouTube en septembre 2017 « les ostéos font des vidéos » avec les actualités sur la page Facebook.

Pour rassurer les parents sur le déroulement d’une séance d’ostéopathie avec Marjolaine ou Elisa, voici une vidéo de présentation d’une séance toute en douceur sur un bébé de quelques jours:

Et en voici une autre sur le cas spécifique de la plagiocéphalie

Pour plus d’informations, prenez contact avec nous!

Vous pouvez nous suivre sur notre chaine YouTube et sur notre page facebook: Les ostéos font des vidéos.

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Recommandations de bonne pratique: les déformations crâniennes positionnelles https://marjolainedey.com/recommandations-de-bonne-pratique-les-deformations-craniennes-positionnelles/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=recommandations-de-bonne-pratique-les-deformations-craniennes-positionnelles https://marjolainedey.com/recommandations-de-bonne-pratique-les-deformations-craniennes-positionnelles/#respond Sat, 07 Mar 2020 21:04:59 +0000 https://marjolainedey.com/?p=2218 Le moment tant attendu est arrivé: la Haute Autorité de Santé a publié des recommandations de bonne pratique le 5 … Continuer la lecture

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Le moment tant attendu est arrivé: la Haute Autorité de Santé a publié des recommandations de bonne pratique le 5 mars 2020, au sujet des déformations crâniennes positionnelles (que l’on appelle en langage courant tête plate, et chez les pros la plagiocépalie ou brachycéphalie). C’est une excellente nouvelle parce que nous étions tous très embêtés: le couchage sur le dos est recommandé pour limiter la mort inattendue du nourrisson (anciennement mort subite) mais cela augmente le facteur de risque de déformation du crâne. Comment faire pour orienter les parents au mieux, pour protéger leurs enfants du risque de mort subite et de tête plate?

La fiche est très bien faite, je vous invite à aller la lire (cliquer ici pour le lien), je vous propose ici mon analyse et les conseils que je continuerai à donner au cabinet – car je suis soulagée de voir que je suivais déjà les recommandations de bonne pratique avant leur publication! Je décris dans un précédent article mon point de vue sur la plagiocéphalie, ses définitions et sa prévention, allez le voir ici.

La HAS répète les conditions de sécurité optimales pour le sommeil la nuit:
– bébé sur le dos, lit à barreaux, pas de tour de lit, pas de doudou/peluche/oreiller, pas de couverture mais plutôt une gigoteuse;
– température de la pièce de 18 à 20°;
– dans la chambre des parents/un parent dort dans la même chambre, avec des surfaces de couchage distinctes.

Ce qui veut dire que pendant la JOURNÉE, SOUS SURVEILLANCE, il est bénéfique et recommandé de proposer d’autres positions au bébé que seulement sur le dos. Pas forcément dans un cocon, un transat ou autre matériel de puériculture, mais directement sur un tapis sur le sol. Cela encourage la motricité libre du bébé, qui ainsi peut se développer correctement.
Je précise que cela est possible dés la naissance. De nombreux parents attendent des semaines voire des mois avant de proposer la position sur le ventre EN ÉVEIL SOUS SURVEILLANCE à leur bébé et c’est bien dommage! On peut également poser les bébés sur le tapis d’éveil sur un de leur côté, pour qu’ils découvrent cette latéralisation!
Personnellement je recommande un tapis de yoga ou de pilates (un peu plus épais) plutôt que le tapis d’éveil vendu en magasin de puériculture, car je trouve que les bébés sont bien protégés du froid éventuel du sol et la surface est anti-dérapante, ce qui facilite leurs progressions motrices.

Si le bébé n’a pas une mobilité optimale de la colonne vertébrale, il va alors tourner la tête toujours du même côté et parfois tout le corps dans le même sens (appelé virgule ou « en banane ») ce qui peut amener à une déformation du crâne lorsque son crâne est malléable (moins de 6 mois), dans ce cas la HAS recommande les choses suivantes:
– un bilan sur les facteurs de risque dés la maternité pour informer les parents (!) puis à chaque visite de contrôle jusqu’à un an;
– stimuler le bébé pour qu’il soit encouragé à tourner la tête vers son côté difficile;
– en période d’éveil et sous surveillance: mettre le bébé sur le ventre et le côté;
– informer les parents sur la motricité libre et donner des conseils;
– encourager l’allaitement maternel qui est protecteur;
– porter le bébé dans les bras et en écharpe;
– gestuelle du quotidien: enrouler les épaules et le bassin (attention aux porte-bébés dits physiologiques, où les jambes sont raides!);
– Il est recommandé d’adresser les enfants présentant un torticolis postural ou musculaire vers un kinésithérapeute à orientation pédiatrique, dés le premier mois de vie. Une ordonnance type pour rééducation neuromotrice d’une asymétrie posturale doit spécifier les éléments suivants : indication médicale, organe cible, localisation, objectifs des soins.

C’est donc le médecin/pédiatre dés la maternité qui devrait faire le premier dépistage, puis le médecin qui effectue le suivi de l’enfant dans sa première année de vie. Mais également les sage-femmes pendant la préparation à la naissance, les professionnels de la PMI et si besoin les kinés pédiatriques.

Et l’ostéopathie?

Nous savons qu’il y a peu d’articles scientifiques publiés sur le thème de l’ostéopathie, problème de financement notamment pour la recherche en ostéo. Nous attendions avec impatience la « sentence » de la HAS, qui base ses recommandations uniquement sur les travaux de recherche. Voici un extrait du mémo:

  • Actuellement les données scientifiques ne permettent pas de recommander l’ostéopathie. Une approche ostéopathique à orientation pédiatrique peut être associée à la kinésithérapie en deuxième intention dans le cadre d’une prise en charge pluri-professionnelle.

Et c’est une formidable victoire pour toute la profession, car même si nous n’avons pas les données publiées, la HAS rédige qu’il n’y aurait pas de contre-indications pour l’ostéo chez les nourrissons souffrant de déformations crâniennes. Cela va désormais motiver toute une génération d’étudiants ostéopathes à publier, pour apporter les preuves nécessaires à la prise en considération de l’ostéopathie. Vu que certains ostéopathes reçoivent en consultation des bébés, ils peuvent être des acteurs importants pour le dépistage et la mise en place de conseils. Ce maillon supplémentaire est un réel atout.

Pourquoi cela réjouit les détracteurs de l’ostéopathie

Tout simplement parce le rapport cite un état de fait: il n’y a pas assez de preuves des effets de la pratique ostéopathique. Je suis la première à le déplorer et c’est une de mes motivations pour écrire dans ce blog (un peu délaissé ces derniers temps, il est vrai!) pour vulgariser la recherche scientifique et la proposer aux ostéopathes mais aussi au grand public.

Pour moi, cela ne veut pas dire que l’ostéopathie n’a pas sa place, ou n’est pas efficace. C’est simplement que pour l’instant il n’y a pas assez de preuves écrites. Cela me donne envie de faire des résumés des articles déjà publiés pour un prochain billet sur le blog pour montrer qu’il y a bien des preuves d’efficacité, mais que pour l’instant le niveau de preuve n’est pas assez élevé. Cela viendra, les ostéopathes (et autres thérapeutes manuels!) vont dans le sens de la recherche.

En lisant les tweets et autre publications sur les réseaux sociaux, les habituels détracteurs de l’ostéopathie prétendent que les parents et leurs bébés vont désormais déserter les cabinets d’ostéopathie. Personnellement, je souhaiterais voir moins de bébés déformés dans mon cabinet. Mais actuellement, aucun dépistage n’est fait, aucun conseil n’est donné. Rares sont les médecins formés au dépistage et aux conseils à donner. Rares sont les kinés pédiatriques qui ont la possibilité de recevoir les bébés rapidement! La majorité du temps, on dit aux parents que ça passera tout seul. Cela ne satisfait pas les parents, qui vont chercher chez l’ostéopathe un deuxième avis. D’où l’importance de ces recommandations de bonne pratique.
Le jour où tous les bébés à problèmes seront dépistés, que la prévention sera suffisamment efficace et que les bébés ayant un torticolis seront reçus par des kinés pédiatriques spécialisés, en effet les ostéopathes/thérapeutes manuels non médicaux n’auront plus à assurer le dépistage et la prévention. Et ça sera une énorme victoire pour les bébés. En attendant, nous continuerons à assurer ce service auprès des parents.

D’autre part, le communiqué de presse est moins précis que le mémo et énonce dans sa phrase d’ouverture : « Source d’inquiétude pour les parents, les plagiocéphalies – déformations crâniennes positionnelles – sont bénignes et disparaissent naturellement vers l’âge de deux ans. »

En effet, si les déformations de crânes sont bénignes et disparaissent, pourquoi en faire tout un flan? Dans ce cas, quel intérêt de consulter pédiatre/médecin, kiné et éventuellement ostéopathe?

La publication plus longue indique en revanche: « En cas d’absence d’amélioration de la déformation crânienne après une prise en charge adaptée, une orientation précoce (fin du premier semestre) par le médecin qui suit l’enfant vers un centre de compétences ou de référence des malformations cranio-faciales est recommandée. »
Encore une subtilité qui n’a pas fini de faire parler d’elle… Si j’ai bien compris, si cela ne s’améliore pas à 6 mois, il faut consulter… mais cela disparaitra naturellement… sauf que ce n’est pas toujours le cas.
Comme d’habitude, cette ambivalence sera encore source de confusion pour les parents.

Pourquoi c’est un pas en avant pour les ostéos?

Malgré le peu de données publiées, la HAS indique que l’ostéopathie peut être utilisée dans une prise en charge pluri-disciplinaire, c’est à dire inscrire l’ostéopathie « non médicale » dans un parcours de soin, c’est ce qui se passe en réalité, mais ce n’était pas encore gravé dans le marbre! Cette affirmation reconnait la place prise par les ostéopathes.

Le simple fait que l’ostéopathie soit inscrite dans le mémo est une première victoire. Il y a des ostéopathes qui ont été impliqués dans la rédaction du texte, malgré « l’absence de preuve » mais au vu de la popularité de cette prise en charge. C’est une initiative courageuse de la HAS, que je salue.

Donc finalement ça se remet tout seul ou pas?

Pour moi cette question a deux implications.
– Est-ce qu’il y a des enfants et des adultes qui conservent une asymétrie visible (arrière du crâne, oreilles, visage)? La réponse est OUI.
– Est-ce que ces asymétries entrainent des difficultés dans l’enfance ou à l’âge adulte? La HAS tire la conclusion qu’ « aucune publication scientifique ne fait état de difficultés chez l’enfant qui a/aurait eu une déformation crânienne. »
L’absence de preuve ne veut pas dire que cela n’existe pas, cela veut juste dire que pour l’instant nous n’avons pas de réponse officielle.

Le rapport précise tout de même dans la partie « Complications possibles de la déformation crânienne positionnelle » :

« Aucune donnée de la littérature ne permet de conclure à un lien de causalité entre DCP et retard neurodéveloppemental, troubles spécifiques ophtalmologiques, oculomoteurs, ou vestibulaires.
Seuls les troubles de l’articulé dentaire avec latéromandibulie, les troubles posturaux (risque de rétraction musculaire) peuvent être retrouvés dans les formes sévères de plagiocéphalie fronto-occipitale.
Dans les formes plus prononcées et en l’absence d’une prise en charge adaptée et précoce, les retentissements morphologiques ou esthétiques peuvent persister.« 

Ce que je retiens ici c’est qu’il peut donc bien y avoir des conséquences à long terme. Malgré cela, le mémo se veut rassurant en précisant que tout cela est bénin et se remet en place. C’est évidemment très frustrant pour les parents ayant des bébés avec des déformations crâniennes : cela manque de clarté. Que croire?
C’est d’autant plus difficile à entendre pour les parents des enfants qui ont gardé leurs têtes déformées et parfois des difficultés neurodéveloppementales. Dans ces cas, on peut se poser la fameuse question de l’oeuf et de la poule: la plagiocéphalie serait-elle, dans certain cas, un symptôme d’une autre difficulté? Comment dans ce cas faire la différence entre les déformations simplement mécaniques et celles qui sont le premier signe d’un autre problème? Cette fois, la HAS ne répond pas à la question. Cet aspect du rapport reste assez maladroit et plutôt contradictoire.

Ma conclusion

Ces recommandations de bonne pratique, c’est le résumé de ce que je dis déjà en cabinet. C’est un grand pas en avant de voir tout cela noir sur blanc. Cela permet d’apporter un cadre.

De manière très personnelle, je vois ce que j’apporte aujourd’hui à mes petits patients et qu’ils n’obtiennent nulle part ailleurs. C’est quelque chose que les professionnels des maternités, hospitaliers et de ville n’ont simplement pas le temps de faire. Certains manquent de formation en la matière, c’est sûr, mais pour moi c’est le manque de temps. Quand on voit certaines mamans qui n’ont pas pu être accompagnées correctement dans leur allaitement, que certains jeunes parents n’ont pas vu comment donner le bain du nouveau né, ni la DRP… je ne vois pas comment ces mesures/recommandations seront applicables sans un vrai effort financier. Les professionnels de santé sont déjà débordés, les déserts médicaux grandissent chaque année un peu plus.

Une prévention pendant la grossesse, un bilan à la maternité et des conseils tous les mois chez le médecin/pédiatre/PMI, pour l’instant cela me parait utopique.
Donc en attendant que tout cela se mette en place, je reste à la disposition de mes petits patients – pour donner des informations, établir des mesures objectives, promulguer des conseils, renvoyer vers le médecin pour ordonnance kiné. Mais aussi écouter, rassurer et orienter sans juger.

Sans même parler de thérapie manuelle, pour moi, l’ostéopathe pédiatrique a toute sa place dans la prise en charge des bébés et la prévention des déformations crâniennes positionnelles.

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Dans la blogosphère, il existe des blogs de très haute qualité, avec de nombreuses références scientifiques, qui partagent des connaissances actuelles. Le problème: tout est en anglais et il n’y a encore que très peu d’informations en français.

Mon confrère et ami Laurent Fabre m’a parlé d’un article sur le merveilleux blog « Better Movement » écrit par Todd Hargrove. Nous l’avons contacté et il nous autorise à utiliser son texte, traduit par Laurent. Le voici ci-dessous.

 

Traduction du blog de Todd Hargrove (cliquer ici pour avoir la version originale)

3 raisons pour lesquelles il est important de savoir pourquoi un traitement fonctionne .

Pourquoi exactement quelqu’un se sent mieux après un massage, la pose d’ aiguilles d’acupuncture, un palper-rouler, un traitement chiropratique (ou ostéopathique), le port d’un K-Tape, ou après avoir exécuté des exercices de mobilité ou bien un étirement des ischio-jambiers?

Il y a quelques réponses valables à cette question, et le fait surprenant que je tiens à souligner ici, c’est que, bien souvent, le thérapeute ne les connaît pas ou n’y prête même pas attention. Il se peut que le thérapeute ait entendu les bonnes réponses, mais préfère les fausses réponses habituelles plus faciles à croire mais qui ne sont pas recevables selon les critères scientifiques modernes.

Voici certaines mauvaises explications :

  • Le palper rouler n’agit évidemment pas en brisant les adhérences ou en faisant fondre le fascia ;
  • La manipulation vertébrale (chiropraxie, ostéopathie, étiopathie) ne remet pas en place les articulations « déplacées » ;

Tout cela ne veut pas dire que les traitements ci-dessus sont inutiles pour aider les patients à se sentir mieux.

Cela signifie simplement qu’ils ne fonctionnent pas de la manière annoncée. Et non, cela ne signifie pas que tout n’est qu’une histoire de placebo (qui est un mot déroutant sans signification claire.)

En général, il semble que les thérapeutes ont une forte tendance à s’attacher à l’idée que le problème se trouve dans les tissus du patient (« issue is in the tissues »). Et ils ont tendance à ne pas s’intéresser aux systèmes les plus complexes du corps – le système neuro-immnuo immuno-endocrinien , le système nerveux autonome – qui sont très sensibles, même à une entrée mineure, et qui peuvent avoir une grande influence sur notre façon de nous déplacer et notre bonne forme.

Peut-être  est-ce parce que ces systèmes sont moins visibles, ou tangibles, ou tout simplement parce que les praticiens n’ont pas appris à s’y intéresser au cours de leurs études.

Au cours de ma formation de Rolfer, j’ai appris que le Rolfing fonctionne en changeant le fascia.
Donc, à la suite d’un traitement, quand les gens quittaient ma table en déclarant se sentir plus grand, ou relâché, ou avaient moins mal, nous pensions que nous avions modifié la structure du fascia et qu’elle s’était en quelque sorte améliorée.

Après avoir fait quelques recherches sur la déformabilité du fascia en réponse à une pression manuelle, je conclus que ce n’était pas une bonne explication pour nos observations.

Une meilleure explication impliquerait le système nerveux, qui ajuste constamment la tension musculaire, les habitudes de déplacement, de perception et de sensibilité à la douleur en réponse à de nouvelles informations sensorielles, y compris la nouvelle information hautement sensorielle causée par la thérapie manuelle.

Bien sûr c’est un peu catastrophique d’apprendre qu’un pilier central de notre éducation s’écroule. Mais la bonne nouvelle est que ça ne veut pas dire que notre traitement est inutile pour nos patients. Ça n’a rien à voir.

En fait, je me disais – « OK, ce n’est pas le fascia, mais cela ne signifie pas que je ne peux pas aider les gens. »

Mais pour de nombreux Rolfeurs, tout vient du fascia. Pour les chiros c’est une histoire de subluxation, ‘pour les ostéos une histoire de dysfonction somatique [ajouté par le traducteur]) , pour les pratiquants Reiki, une question d’énergie et pour d’autres c’est une question de mauvaise posture, d ‘instabilité corporelle, de déséquilibres musculaires ou de schéma moteur perturbé.

Et bien sûr, beaucoup d’autres vont dire: « Je me fiche de comment fonctionne mon traitement, je sais juste que cela fonctionne, à quoi ça sert d’essayer de savoir pourquoi ? »

Voici trois raisons pour lesquelles il est important de savoir pourquoi votre traitement fonctionne.

  1. Si vous savez comment quelque chose fonctionne, vous pouvez l’améliorer

Cela devrait être évident. Si vous savez où est la cible, il est plus facile de frapper dans le mille.

Supposons que l’étirement ou le massage fonctionne pour créer une meilleure amplitude de mouvement en obtenant un relâchement musculaire. (Assez raisonnable, non? Et soutenue par la recherche!)

Mais si vous pensez que cela fonctionne en brisant avec force les adhérences ou physiquement par un allongement des tissus, même si vos clients restent détendus, vous pourriez vous éloigner du but de votre traitement.

Quand je travaille sur quelqu’un je demande toujours «comment ressentez-vous cela?» La réponse habituelle de certains clients qui pensent qu’il faut modifier la structure du fascia est : « Ne vous inquiétez pas pour moi, j’ai une très haute tolérance à la douleur, faites ce que vous avez à faire. »

Et je me dis: « Eh bien, je dois savoir ce que vous ressentez parce que c’est l’un des principaux objectifs de ce travail. »

Mais si mon but était de faire lâcher le fascia ou les « nœuds musculaires », je ne me soucierais pas du ressenti de mon patient et je ne ferais pas mon boulot du mieux possible.

  1. Conséquences non intentionnelles

Imaginez que quelqu’un avec une cervicalgie va chez un chiropraticien, qui lui dit que son articulation est « déplacée », et qui la « replace » et que le patient se sente immédiatement beaucoup mieux.

Où est le mal si les patients pensent que le soulagement de la douleur provient d’un replacement (ou réalignement)?

A court terme, ce n’est peut-être pas grave, mais, curieusement, les idées préconçues finissent toujours par devenir problématiques.

Si sa douleur du cou revient, le client pense que son cou doit être « déplacé » de nouveau donc qu’il a besoin d’un autre « craquement ».

Alors, même si on lui offre d’autres solutions possibles comme l’exercice, le repos, ou le mouvement en douceur, la douleur peut persister.

Le patient pourrait alors éventuellement développer une croyance pathologique : que son cou est fragile et instable.

Cela peut avoir un effet nocebo, créer davantage de douleur et la peur de bouger (Fear Avoidance Belief).

J’ai vu de nombreux clients avec de telles idées fausses qui leur ont coûté du temps et de l’argent et valu de l’anxiété et de la confusion. Et je ne pense pas uniquement aux clients des chiropraticiens.

J’ai vu ce phénomène chez des enseignants de yoga toujours à la recherche de l’étirement, chez des praticiens de Pilates toujours à la recherche de stabilisation, d’exercices correctifs cherchant le moindre déséquilibre musculaire. Je l’ai vu aussi chez les fanatiques de mobilité articulaire se mobilisant perpétuellement, comme si leurs articulations avaient besoin d’un bain constant de liquide synovial. Peut-être croient-ils, qu’après seulement quelques minutes de stase, leur fascia vont former une sorte de tricot qu’il faudra dénouer. « La rouille ne dort jamais! »

Tous ces comportements pathologiques finalement proviennent de croyances erronées grâce auxquelles certaines thérapies ont bien fonctionné pour eux dans le passé.

Ces croyances se rassemblent autour de l’idée que leurs thérapeutes ont « résorbé ou guéri le tissu malade ou mal positionné» par opposition à « ajusté temporairement la sensibilité du système nerveux » par un changement de perception temporaire (ajouté par le traducteur).

Le point à retenir est que les croyances erronées, quelles qu’elles soient, sont comme des virus – qui se multiplient, se transmettent et mutent pour former des super-microbes, et pour éventuellement causer des maladies.

Message à retenir à l’attention des thérapeutes : ne les diffuser pas !

  1. C’est une question de vérité

La vérité a une valeur intrinsèque, même si son application pratique n’est pas immédiatement évidente.

La connaissance est toujours puissante – pour vous, vos clients, et pour toute la communauté.

Nous ne savons pas encore exactement pourquoi les gens sont atteints de douleur chronique et quelles sont les meilleures façons de la traiter.

Même si cette connaissance n’a pas encore été établie, cela ne signifie pas qu’il est inutile d’en apprendre davantage. Dès que l’on commence à s’éloigner de la désinformation et de la confusion, on se rapproche de la vérité.

Avouons-le, la vérité est bonne et l’ignorance craint. Voici quelques citations de gens intelligents pour étayer mon propos.

–David Deustch : Tous les maux proviennent d’un manque de connaissance (« All evils are caused by lack of knowledge. »

— Richard Feynman : Je pense qu’il est plus intéressant de vivre sans savoir que d’avoir des réponses qui pourraient être fausses (“I think it’s much more interesting to live not knowing than to have answers which might be wrong.” )

— Mark Twain : Ce qui vous met dans le pétrin, n’est pas de ne pas savoir. C’est de croire avec certitude ce qui n’est pas certain. (« It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so. »)

–Joe Klaas : La vérité te libèrera mais d’abord elle te fera bien chier (“The truth will set you free, but first it will piss you off.”

Ajouté par le traducteur :

A l’attention des thérapeutes et des patients qui sont prêts à changer de croyances par rapport à la douleur, voici un lien de cours sur la douleur en français (8 petites leçons de moins de 2 minutes chacune).

C’est un bon début pour effleurer les neurosciences et la douleur, et comprendre quelle pourrait être l’action de la thérapie manuelle sans avoir besoin de CROIRE à un replacement de vertèbre, un ajustement, un équilibrage de posture, d’os du crâne ou encore d’une synchronisation avec le souffle de vie…. http://www.retrainpain.org/francais

Traduction Laurent FABRE

Alors, bonne réflexion!

Todd Hargrove viendra en France pour enseigner les travaux de ses recherches en juillet 2016 au CFPCO. Plus d’informations, cliquez ici.

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