preuves – Marjolaine Dey https://marjolainedey.com Ostéopathie Wed, 26 Nov 2014 19:26:31 +0000 fr-FR hourly 1 Cochrane France: un bon moyen de se tenir informé, exemple les vaccins contre la grippe https://marjolainedey.com/cochrane-grippe/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=cochrane-grippe https://marjolainedey.com/cochrane-grippe/#comments Wed, 19 Nov 2014 23:57:55 +0000 http://marjolainedey.wordpress.com/?p=553 Cet article Cochrane France: un bon moyen de se tenir informé, exemple les vaccins contre la grippe est apparu en premier sur Marjolaine Dey.

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Vous êtes de plus en plus nombreux à lire mon blog, surtout depuis que j’ai retrouvé les clés et que je me suis organisée pour prendre le temps de publier de nouveaux articles. Je vous remercie, car les commentaires, messages privés et partages m’encouragent à continuer.

Grâce à mon confrère et ami Laurent Fabre, j’ai trouvé le lien vers un article très intéressant sur Cochrane et je voulais partager avec vous cette possibilité de lire des résumés de la meilleure qualité possible en français.

Cochrane, qu’est-ce que c’est? (source: site Cochrane France)

La Collaboration Cochrane est une organisation internationale indépendante sans but lucratif, financée par une variété de sources, dont des gouvernements, des universités, des fondations hospitalières, des organismes caritatifs et des dons personnels.

Selon la vision de la Cochrane, la prise de décision en matière de soins de santé doit être informée par des preuves de haute qualité et à jour, issues de la recherche. Chaque revue systématique Cochrane aborde une question spécifique, sur laquelle une équipe de chercheurs dévoués trouve et examine alors les études cliniques pertinentes, de manière systématique et impartiale, et traduit les résultats en informations utilisables. Parfois ces revues fournissent des données probantes sur l’efficacité ou non d’un traitement donné, ou sur ses effets secondaires. D’autres fois, la conclusion de la revue est qu’il n’existe pas suffisamment de preuves de haute qualité pour répondre à la question – mais il est important de savoir ce que nous ne savons pas.

Qu’est-ce qu’une revue Cochrane ?

Les revues Cochrane examinent les essais cliniques sur les soins de santé. Elles éclairent les effets des traitements médicaux utilisés pour soigner les patients. Les revues Cochrane sont internationalement reconnues comme la meilleure norme en matière de soins de santé fondés sur des preuves.

 

La revue systématique selon Cochrane
La revue systématique selon Cochrane

 

Chaque revue examine une question clairement définie, par exemple : Les antibiotiques réduisent-ils les symptômes d’un mal de gorge ? D’abord, il faut trouver toutes les recherches sur ce sujet. Puis, la qualité des études existantes est comparée à des directives strictes.
Les données obtenues sont collationnées pour établir s’il existe des preuves décisives de l’efficacité ou non d’un traitement donné. Par ailleurs, les revues sont mises à jour régulièrement afin de garantir que les décisions que vous prenez sont fondées sur l’information la plus récente et fiable.

 

Exemple: les vaccins contre la grippe

Je cherche des informations sur le vaccin, car mon médecin m’en a parlé et je veux savoir ce que la science dit des vaccins, avant de prendre la décision de vacciner ma famille.

Je me rends sur: http://fr.summaries.cochrane.org/ et je tape dans la barre de recherche les mots-clés que je souhaite utiliser, comme dans Google. Cochrane a fait beaucoup de progrès sur son moteur de recherche et l’algorithme utilisé, il est maintenant très simple d’utilisation. (je viens d’apprendre grâce à Google d’ailleurs que le terme « algorithme » est un nom masculin!)

Exemple: vaccins contre la grippe adulte; ou vaccins contre la grippe enfant.

Je navigue entre les différents résumés qui m’intéressent. Le premier, une mise à jour récente: Les vaccins pour prévenir la grippe chez les adultes en bonne santé. Je lis le résumé: tout d’abord, il y a la question posée – les vaccins sont-ils efficaces? les vaccins ont-ils des effets indésirables?

Il y a ensuite une contextualisation, pour me permettre de comprendre le sujet, ici par exemple j’apprends pleins de choses!

« Plus de 200 virus sont à l’origine de la grippe et du SAG, produisant les mêmes symptômes (fièvre, maux de tête, douleurs, toux et écoulement nasal). Sans tests de laboratoire, les médecins ne peuvent pas les distinguer, puisque toutes ces affections durent pendant plusieurs jours et entrainent rarement le décès ou une maladie grave. Au mieux, les vaccins pourraient seulement être efficaces contre les grippes A et B, qui représentent environ 10 % de tous les virus en circulation. Chaque année, l’Organisation mondiale de la Santé estime quelles souches virales devraient être incluses dans les vaccinations de la saison suivante. « 

Le résumé contient ensuite les informations sur les textes étudiés, ici 90 rapports pour 116 études, à jour en mai 2013. « L’impact véritable des biais n’a pas pu être déterminé dans environ 70 % des études incluses. Environ 20 % des études incluses (principalement des études de cohorte) présentaient un risque élevé de biais. Près de 10 % étaient de bonne qualité méthodologique. »

J’apprends donc qu’il faut vacciner au moins la moitié de la population pour éviter certaines formes de grippes, et 71% pour prévenir l’apparition du syndrome d’allure grippal (SAG), de plus la vaccination « ne montre aucun effet appréciable sur le nombre de jours de travail perdus ou d’hospitalisation ». Euh… c’était pas ça le but?? bon, je continue à lire…
Pour mes patientes attendant un enfant: « La protection contre le SAG fournie par l’administration de vaccin antigrippal inactivé aux femmes enceintes est incertaine ou au moins très limitées ; l’effet sur leur nouveau-nés n’est pas statistiquement significatif. »

Demicheli V, Jefferson T, Al-Ansary LA, Ferroni E, Rivetti A, Di Pietrantonj C. Vaccines for preventing influenza in healthy adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 3. Art. No.: CD001269. DOI: 10.1002/14651858.CD001269.pub5

Intéressant! Je continue mes lectures!

La vaccination pour la prévention de la grippe chez les enfants en bonne santé

La conclusion: « Les auteurs de la revue ont trouvé que chez les enfants âgés de plus de deux ans, les vaccins par spray nasal fabriqués à partir des virus de la grippe atténués étaient plus efficaces pour prévenir la maladie provoquée par le virus de la grippe que les vaccins injectés fabriqués à partir du virus inactivé. Aucun des types n’a été particulièrement efficace pour prévenir le « syndrome grippal » provoqué par d’autres types de virus. Chez les enfants âgés de moins de deux ans, l’efficacité du vaccin à virus inactivé était similaire à celle du placebo. Il n’a pas été possible d’analyser l’innocuité des vaccins à partir des études en raison du manque de standardisation de l’information donnée, mais très peu d’informations ont été trouvées sur l’innocuité des vaccins à virus inactivés, le type de vaccin le plus fréquemment utilisé chez les jeunes enfants. » 

Jefferson T, Rivetti A, Di Pietrantonj C, Demicheli V, Ferroni E. Vaccines for preventing influenza in healthy children. Cochrane Database of Systematic Reviews 2012, Issue 8. Art. No.: CD004879. DOI: 10.1002/14651858.CD004879.pub4

Ok! Donc des organisations mondialement reconnues me demandent de vacciner mes enfants, mais Cochrane – le plus haut niveau de preuve disponible – m’informe qu’aucune étude ne montre une réelle efficacité du vaccin le plus utilisé, ni aucune étude sur son innocuité. C’est chouette d’être bien informé. Cette information est disponible, en français, en langage compréhensible par beaucoup! Nous pouvons nous informer.

 

Je continue à naviguer… Je pense à ma grand-mère qui se fait vacciner chaque année religieusement.

Vaccins pour la prévention de la grippe saisonnière et ses complications chez les personnes de 65 ans et plus

« Compte tenu du peu d’essais de bonne qualité disponibles, les résultats se fondent principalement sur des études non expérimentales (observationnelles) qui présentent un risque de biais plus important. Parmi les vaccins antigrippaux, les vaccins trivalents inactivés sont les plus utilisés. Les preuves disponibles étant de faible qualité, aucune conclusion à l’égard des effets des vaccins antigrippaux sur les personnes de 65 ans et plus ne peut être tirée. Sur le plan de la santé publique, le profil d’innocuité des vaccins semble être acceptable. »

Jefferson T, Di Pietrantonj C, Al-Ansary LA, Ferroni E, Thorning S, Thomas RE. Vaccines for preventing influenza in the elderly. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 2. Art. No.: CD004876. DOI: 10.1002/14651858.CD004876.pub3

Bon au moins pour Mamie, je sais qu’il ne semble pas avoir trop d’innocuité, mais il n’y a aucune preuve scientifiquement prouvée pour montrer que les vaccins sont efficaces. C’est déjà rassurant! (je suis de nature très optimiste)

Et moi? Je travaille avec beaucoup de personnes âgées!

Vaccination antigrippale pour les travailleurs de la santé travaillant avec des personnes âgées

Là, pas de chance. Il n’y a pas de résumé disponible en français. Je vais voir mon meilleur ami, Google Translate et je fais un simple copier-coller. Voici ce que je découvre:

« Il n’y a aucune preuve que seule la vaccination des travailleurs de la santé empêche la grippe ou ses complications (infection des voies respiratoires inférieures, de l’hospitalisation ou de décès dus à une infection des voies respiratoires inférieures) chez les individus âgés de 60 ans ou plus dans institutions pour personnes âgées (LTCIs in english) et donc aucune preuve d’imposer la vaccination obligatoire de travailleurs de la santé. D’autres interventions, telles que le lavage des mains, masques, la détection précoce de la grippe avec des écouvillons nasaux, des antiviraux, la quarantaine, limitant les visiteurs et demandant aux travailleurs des soins de santé avec une maladie de type grippal de ne pas se présenter au travail, pourrait protéger les personnes de plus de 60 dans LTCIs. De haute qualité randomisé combinaisons de tests d’essais de ces interventions sont nécessaires. »

Thomas RE, Jefferson T, Lasserson TJ. Influenza vaccination for healthcare workers who care for people aged 60 or older living in long-term care institutions. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, Issue 7. Art. No.: CD005187. DOI: 10.1002/14651858.CD005187.pub4

Et bien, cette année, grâce à ces informations, je pourrais faire un choix informé avec un réel consentement sur cette information.

Par contre, quand je pense à l’argent que je donne au quotidien pour financer ce genre de campagne de vaccination, alors qu’aucune preuve ne montre son efficacité, ça me fait quand même un peu mal au c… ! (au coeur évidemment)

 

Bonne(s) lecture(s)

Sparadrap_Piqure

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Licciardone 2013 – Osteopathic Trial: analyse de la méthodologie https://marjolainedey.com/licciardone-2013-methodo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=licciardone-2013-methodo https://marjolainedey.com/licciardone-2013-methodo/#comments Tue, 02 Apr 2013 17:50:01 +0000 http://marjolainedey.wordpress.com/?p=387 Cet article Licciardone 2013 – Osteopathic Trial: analyse de la méthodologie est apparu en premier sur Marjolaine Dey.

Dr. Licciardone, chercheur de renom en ostéopathie, est un ostéopathe médecin (DO MD) américain. C’est lui qui a publié la … Continuer la lecture

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Cet article Licciardone 2013 – Osteopathic Trial: analyse de la méthodologie est apparu en premier sur Marjolaine Dey.

Dr. Licciardone, chercheur de renom en ostéopathie, est un ostéopathe médecin (DO MD) américain. C’est lui qui a publié la première (et l’unique) méta-analyse sur l’efficacité de l’ostéopathie dans le traitement des personnes souffrants de lombalgies basses idiopathiques chroniques. Ses conclusions étaient que l’ostéopathie était efficace dans le traitement des lombalgies basses chroniques, les résultats étaient meilleurs que les placébos utilisés et que les effets duraient au moins 3 mois. Il concluait, comme il est habituel, qu’il serait nécessaire de continuer les études cliniques avec une meilleure méthodologie et des critères d’évaluation comparables.

Cet article lui avait attiré de nombreuses critiques (dont une publiée ici), notamment à cause de la faible qualité des articles sélectionnés et le fait qu’il ai attaché trop d’importance à la significativité de l’analyse statistique. Difficile d’en vouloir à Licciardone, qui a sélectionné les articles ayant la plus haute qualité, dont certains qu’il avait publiés lui-même. De plus, le principe d’une méta-analyse est justement une démarche statistique; combinant les résultats d’une série d’études. La méta-analyse permet une analyse plus précise des données par l’augmentation du nombre de cas étudiés, de tirer une conclusion globale et de surmonter le problème de puissance statistique réduite dans les études d’échantillons de petites tailles. (Référence: Cucherat M, Boissel JP, Leizorovicz A, Manuel pratique de méta-analyse des essais thérapeutiques (livre électronique) 1997. université de Lyon 1, CHU Lyon – consulté le 02/04/2013)

Licciardone a cette fois-ci publié dans BMC Musculoskeletal Disorders un article en accès gratuit (l’avenir de la publication scientifique à mes yeux, en savoir plus ici) nommé « OSTEOPATHic Trial ». Cet article est très long, très riche et aura le droit à plusieurs billets sur ce blog!

Cette étude est la plus grande jamais effectuée au monde sur l’efficacité de l’ostéopathie sur la lombalgie basse chronique. Cette étude était randomisée, contrôlée, en double insu (j’en reparlerai). Les chercheurs ont effectué 4 groupes (design factoriel 2×2): ostéo (OMT) et sham-ostéo (techniques ostéopathiques placébos, type light touch) vs thérapie ultrason (UPT) et sham-UPT (appareil à ultrason débranché). Il y a eu 6 traitements sur une période de 8 semaines, les sujets étant contrôlés jusqu’à 12 semaines après le début de l’étude. La conclusion est sans équivoque: la prise en charge en ostéopathie des personnes souffrants de lombalgies basses chroniques est efficace (en fonction des critères Cochrane « Back Review Group » – le plus haut niveau de méthodologie disponible). De plus, Licciardone ajoute que le traitement est sûr (safe = sans danger), parcimonieux et bien accepté par les patients.

Aujourd’hui, je veux vous amener à bien comprendre la méthodologie utilisée dans cette étude. Licciardone et son équipe ont passé du temps pour étudier et choisir une méthodologie de haut niveau, qui puisse être acceptée par les chercheurs et validée par Cochrane.

1161 personnes ont été contactées, au final 455 personnes ont été randomisées, c’est à dire assignées au 4 groupes de l’étude. L’aspect innovant de cette étude et le design: chaque personne allait recevoir, lors de chacune des six session de prise en charge deux traitements: l’un OMT ou sham OMT et l’autres UPT (ou sham UPT).

Design "2x2"
Design « 2×2 »

Ainsi, chaque personne est son propre contrôle. Les analyses statistiques peuvent être réalisées en intention de traiter, grâce à l’analyse de variance (ANOVA). Cela permet l’évaluation des résultats des mesures répétées au cours de l’étude et l’interaction entre les facteurs étudiés.

Techniques utilisées en ostéopathie

Cette étude est pragmatique, c’est à dire qu’elle se veut la plus proche possible de la prise en charge classique en cabinet d’ostéopathie.Un protocole a néanmoins était mis en place, afin d’assurer une certaine standardisation dans la prise en charge, ce qui permet de standardiser le sham-OMT et le faire ressembler en tout point à la prise en charge ostéopathique (OMT).

– le patient est évalué en position assise: tests des dysfonction thoracique et lombaire. Les résultats des tests sont consignés: la tonicité des érecteurs et les dysfonctions somatiques (DS) gradées de 0 à 2 (0: pas de DS; 1: DS modérée; 2: DS sévère);
– le patient est ensuite évalué en décubitus ventral (DV): tests du bassin et sacrum (DS sacro-iliaques gradées de 0 à 2, comme ci-dessus);
– le patient est ensuite placé en position décubitus latéral (DL) à gauche puis à droite pour les techniques de tissus mous, d’énergie musculaire (MET) et HVLAT (techniques de manipulation haute vélocité, basse amplitude) des lombaires et des sacro-iliaques;
– le patient se positionne enfin en décubitus dorsal (DD), avec tests et traitement du bassin (particulièrement pubis) à grader de 0 à 2, viscères et ptentiellement des techniques de counterstrain (techniques de Jones) sur le psoas et les lombaires.
– le praticien est libre d’utiliser 5 techniques additionnelles, selon son évaluation, le résultat de ses tests et l’évolution du patient au cours des séances.

Les praticiens choisissaient donc les techniques les plus appropriées par rapport aux cas de leurs patients, la prise en charge évoluant au fur des séances. La consigne était d’utiliser les 14 techniques suivantes, décrites dans le Glossary of Osteopathic Terminology, représentatives des techniques utilisées le plus fréquemment par les ostéopathes sur des personnes souffrant de lombalgie:

– articulatory treatment (ART),
– balanced ligamentous tension/ligamentous articular strain treatment (BLT),
– cranial treatment/osteopathy in the cranial field/cranial osteopathy (CR),
– counterstrain treatment (CS),
– direct treatment (DIR),
– facilitated positional release treatment (FPR),
– high velocity low amplitude (thrust) treatment (HVLA),
– indirect treatment (IND);
– integrated neuromusculoskeletal release (INR),
– ligamentous articular strain/balanced ligamentous tension treatment (LAS),
– muscle energy treatment (ME),
– myofascial release treatment (MFR),
– soft tissue treatment (ST), and
– visceral manipulative treatment (VIS).

Sham-OMT: light touch

Il est très difficile d’avoir un « bon » placébo en thérapie manuelle, car le praticien sait forcément s’il effectue une technique ou non et peut à tout moment connaitre l’état physique du patient par la palpation et des tests de mobilité. Le groupe « sham » est donc forcément en simple aveugle.

Le protocole light touch est effectué dans les mêmes positions que la prise en charge ostéo (assis, DV, DL gauche et droit, DD) et le praticien effectue les même tests et ensuite pose les mains sur les mêmes zones, en évitant de mobiliser les articulations et muscles associés.

Cette méthodologie de light touch a été validé par le North Texas Chronic Low Back Pain Trial (également organisé par Licciardone) et semble devenir le gold standard en ostéopathie actuellement.

Ultrason: UPT

Suite à la session d’OMT ou sham OMT, les praticiens ostéopathes (préalablement formés aux techniques UPT dans le cadre de la lombalgie basse chronique) utiliseront une machine à ultrason réglé à une intensité de 1,2W/cm² avec une fréquence de 1 MHz. Un applicateur de 10cm² est utilisé sur la peau, lubrifiée avec un gel spécifique qui améliore la conductivité. La séance dure environ 10 minutes, dans l’objectif de couvrir une zone de 150 à 200cm².

Sham UPT

Le même protocole, simplement la machine est réglée à 0,1W/cm² et intensité de 1 MHz, ce qui est accepté comme sous les niveaux thérapeutiques. L’opérateur de la machine ne sait pas à quel niveau est réglé l’ultrason, ainsi cette partie est réalisée en double insu (ni le patient, ni le praticien ne savent si c’est le groupe « traité » ou le groupe « sham »)

Critères d’évaluation

EVA: Echelle Visuelle Analogique. Représentée par une ligne horizontale avec « absence de douleur » à son extrémité gauche (mesurée à 0mm) et « douleur insupportable » de l’autre côté (mesurée à 100mm)

Roland-Morris Disability Questionnaire: questionnaire de 24 questions mesurant le statut fonctionnel et le handicap. Plus le score est élevé, plus le handicap est grand.

Medical Outcomes Study Short Form – 36 Health Survey (SF-36): questionnaire généraliste de santé et de qualité de vie noté de 0 à 100 (0 étant la pire qualité de vie, 100 étant la meilleure)

Nombre de jours d’arrêt de travail: pour les personnes qui ont un emploi, la question est la suivante: « Lors de ces quatre dernières semaines, combien de jours votre lombalgie vous a t-elle empêché de vous rendre au travail? »

Satisfaction de la prise en charge: Question unique mesurée sur une échelle de Likert (4 possibilités de « très satisfait » à « pas satisfait du tout ») « Comment décririez-vous votre satisfaction avec la prise en charge proposée pour votre lombalgie? »

Les critères d’évaluations ont été utilisés selon le diagramme suivant.

Critère d’évaluation

Pré-randomisation

Traitement

0

TTT 1

TTT 2

TTT 4

TTT 6

TTT 8

TTT 12

EVA

×

×

×

×

×

×

×

×

Roland-Morris

×

×

×

×

SF-36

×

×

×

×

Jours d’arrêt de travail

×

×

×

×

Mesure de satisfaction du TTT

×

×

×

Analyse de la figure supplémentaire

Dans la figure suivante, Licciardone et son équipe détaillent le processus pour chacun des groupes. J’attire votre attention sur la partie « Follow-up patients » où l’on peut remarquer le nombre de patients au cours de l’études: certains patients ont:
– arrêté l’étude (discontinued treatment);
– été perdus de vue, c’est à dire qu’il ne sont pas revenus, en général sans donner d’explication (Lost to follow-up);
– développé une contre-indication à la prise en charge et/ou à l’étude (Developed contraindication);
– eu des effets indésirables (Experienced adverse event), dont des effets indésirables « sérieux » (experienced serious adverse event).

Figure Supplémentaire, disponible ici
Figure Supplémentaire, disponible ici

Du personnel dédié à la sécurité a été recruté, indépendant à l’étude et à l’aveugle sur le groupe dans lequel appartenait les patients. Une personne a donc revu les patients qui ont développé des contre-indications ou des effets indésirables au traitement. Sont définis comme effets indésirables sérieux: les conditions nécessitant une hospitalisation, une invalidité sérieuse ou permanente et le décès.

Au total, seul un patient a développé une contre-indication à la participation, lié à l’OMT. Cette contre-indication implique une contracture des muscles du dos suite à la prise en charge en OMT.
Il y avait 27 (6%) patients atteints d’événements indésirables. Neuf (2%) patients ont eu un événement indésirable grave, aucun n’était liés à une intervention de l’étude. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes sur la fréquence de ces évènements.

Comme on peut le voir sur la figure, certains patients ont développé des effets indésirables suite aux séances dans la même proportion, tout groupe confondu: OMT, sham-OMT, UPT et sham-UPT.

Il est extrêmement important de diffuser ces résultats, en marge des excellents résultats sur l’efficacité de la prise en charge en ostéopathie: la prise en charge ostéopathique dans l’OSTEOPATHIC Trial n’a pas provoqué d’éffets indésirables ou néfastes, sur un groupe de 230 personnes souffrants de lombalgie.

La suite de l’analyse viendra dans un prochain billet. Vous pouvez dés maintenant consulter l’article complet ici.

Référence:
Licciardone JC, Minotti DE, Gatchel RJ, Kearn CM, Signh KP. Osteopathic Manual Therapy for Chronic Low Back Pain: A Randomized Controlled Trial. Ann Fam Med March/April 2013;11(2):122-129

Protocole:
Licciardone JC, King HH, Hensel KL, Williams DG. OSTEOPAThic Health outcomes In Chronic low back pain: The OSTEOPATHIC Trial. 2008;2(5). http://www.om-pc.com/content/2/1/5

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